Histoire médiévale de l'Ordre du Temple

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Né en 1091 de Tescelin seigneur de Fontaine et de Dame Aleth de Montbard, le jeune Bernard baigne dès son enfance dans l'esprit chevaleresque des croisades.

Dieu le veut !

Cri de ralliement lancé au concile de Clermont à l'occasion de la première croisade déclenche mille passions. Le blason de la chevalerie occidentale quelque peu terni retrouvait son éclat.

Nanti d'un corps frêle et chétif, à l'image de sa mère, Bernard n'en reste pas moins téméraire et hardi. Ainsi rêve-t-il de guerroyer aux côtés des valeureux croisés.

Maigre et maladif, fréquemment atteint de maux de têtes et d'estomac, innocente victime de vomissements douloureux, le jeune Bernard accepte mal ce corps physique, véritable croix de martyr qui lui rappellerait sa vie durant son attachement au monde sensible. Mais son esprit est fort, il tient cela de sa mère Aleth qui, sous son aspect frêle et détachée cache un caractère affirmé à la sensibilité exacerbée. La mère et le fils sont en pleine communion d'esprit. Très pieuse, Dame Aleth n'éprouve aucun mal pour attiser la foi qui habite son jeune fils.

Studieux, curieux et laborieux dans ses études, Bernard de Fontaine ne tarde pas à briller intellectuellement, sans pour autant écraser quiconque où chercher une quelconque distinction.

Mais le premier septembre de l'an de grâce mil cent huit, un grand malheur s'abat sur Bernard de Fontaine. Dame Aleth vient de s'éteindre.

A la souffrance physique lancinante et perpétuelle s'ajoute un profond chagrin, provoquant chez Bernard une crise existentialiste sans commune mesure. Lui qui tant de fois s'était détaché du siècle désire plus que tout embrasser le clergé régulier. Se retirer du monde sensible afin de réaliser la symbiose avec le Verbe. A Cluny, aux belles églises et au luxe doré, il préfère Citeaux fondé en 1098 par le bénédiction Robert de Molesme. Il suivra donc la règle de saint Benoît et portera la robe immaculée avec une volonté de renoncement absolu.

Nanti d'un charisme d'une puissance sans égale, Bernard prêche et persuade plusieurs dizaines d'hommes et de femmes dont certains issus de sa propre famille d'embrasser les Ordres en intégrant Citeaux qu'il sauve ainsi de l'extinction.

 

Ainsi, à 21 ans, il rentre à Citeaux. Débute alors une quête intérieure des forts commandements qui sont au-dedans. De l'écorce, il se détache totalement s'infligeant, outre les trois vœux monastiques, des abstinences au limite de la résistance humaine. Ainsi seules douleurs et vomissements lui rappellent sa condition humaine.

A l'issue de son noviciat, en 1114, Bernard devient enfin frère de Citeaux à sa plus grande joie.

Grandement satisfait du jeune Bernard, Etienne Harding l'envoie sur une terre nouvellement offerte à Citeaux en lui priant d'y fonder une abbaye avec l'aide de douze de ses frères.

La vallée de l'absynthe est désertique, inhospitalière et insalubre, elle correspond donc en tous points avec le désir d'austérité de Citeaux. Bernard la baptise aussitôt, certainement avec un soupçon d'ironie, " La claire vallée " et nomme son futur monastère Clairvaux.

Ordonné prêtre, Bernard réalise pleinement le souhait le plus cher de Dame Aleth dont le souvenir hantera toujours sa mémoire, véritable catalyseur de sa foi.

Bernard de Clairvaux est un fervent admirateur de la vierge qu'il vénère plus oultre ne peut.

Bernard de Clairvaux considère la vierge Marie comme le lien entre le sensible et le divin. Le passage obligé pour joindre les lois terrestres aux lois célestes.

Son état de santé se dégrade constamment, véritable croix de martyr qu'il portera jusqu'à sa mort. Il sort de plus en plus souvent de son mutisme et n'hésite pas à lancer de vigoureux pamphlets à l'encontre du clergé, notamment de Cluny dont il dénonce le luxe tapageur. A son corps défendant, il devient le conseil indispensable des princes et prélats et pourtant il n'est plus matériellement que l'ombre de lui-même tant la maladie le dévore telles les flammes d'un bûcher.

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photo j-c d

En 1128, sur l'insistance appuyée du légat du pape, Bernard de Clairvaux, assiste au concile général de Reims. Le moine blanc ne regrette pas d'être venu car devant l'assemblée se présentent Hugues de Payens ainsi que cinq autres pauvres chevaliers du Christ en quête d'une reconnaissance officielle de leur Ordre. Il est alors grandement honoré d'être désigné pour établir officiellement les statuts de cet Ordre qui anime son regard d'une lueur d'espérance. Ses rêves d'enfant lui reviennent en mémoire. La chevalerie chrétienne n'est pas morte, loin s'en faut. Dame Aleth et Eudes de Montbard réapparaissent dans son âme fortifiant l'esprit chevaleresque qui jamais ne l'avait quitté. Cette mission il l'accomplira avec brio.

Les chevaliers de l'Ordre du Temple représentaient exactement ce qu'il aurait voulu être dès sa plus tendre enfance. Ainsi s'attela-t-il à cette tâche avec ardeur et admiration. Le glaive et le goupillon ne faisaient plus qu'un. Ces chevaliers porteraient le manteau immaculé couleur de la bure des frères de Citeaux et seraient les fidèles et invulnérables gardes de Sion alliant envers et contre tout courage, bravoure et ascèse. Il rédige ainsi " De laude novae militiae ad milites templi " dans lequel il loue la foi, le courage et le désintéressement total de ces pauvres chevaliers du Christ, opposant à cette armée nantie d'une seule âme, la chevalerie des seigneurs nobiliers en pleine décrépitude.

Bernard est si enthousiasmé par cet Ordre si droit, si efficace et pourtant aux membres si empreints d'humilité qu'il déclare même que seront béatifiés tous templiers passant de vie à trépas. Son admiration n'a pas de limites.

 

La règle rédigée lors de ce concile prévoit que l'Ordre du Temple serait divisé en quatre classes :

Les élus

Chevaliers de L'Ordre de Temple portant le blanc manteau

Le grand Maître portant rang de prince sera assisté de deux frères chevaliers

Le sénéchal et le maréchal

Chaque province aura à sa tête un frère chevalier appelé commandeur

Les cadres

Frères sergents portant la robe marron ou noir

Les gardiens des fermes

Frères casaliers

Les frères chapelains

Clergé assurant le service de l'Ordre

La trinité marque de son sceau cette règle. Ainsi les templiers devront assister à la messe 3 fois par semaine. Ils devront faire abstinence et observer 3 grands jeûnes (lundi, mercredi, vendredi). Ils devront adorer la croix à 3 époques de l'année et communier 3 fois par an.

 

Bernard marquera son siècle par ses prêches et combats incessants. Lui qui n'avait aspiré qu'à une vie de solitude, d'austérité et de recueillement, a été constamment " ennuyé " par les grands de son siècle, religieux et laïcs, implorant sans cesse et quelque peu égoïstement son charisme pour régler leurs conflits.

Son œuvre fut formidable et marqua, comme ses convictions religieuses, l'esprit de l'Ordre du Temple notamment par :

Son interprétation symbolique du Cantique des Cantiques où le Verbe devient le bien aimé et l'Eglise la bien aimée pour ne citer que cela.

Le cantique des cantiques

Son adoration pour la vierge Marie qui sera la sainte patronne de l'Ordre du Temple

Son sang même, qui coulera dans les veines du Temple par son neveu André de Montbard, fier chevalier templier qui deviendra grand Maître de l'Ordre.

Il sera canonisé en 1174 par Alexandre III et déclaré en 1201 Docteur de l'Eglise par Innocent III.

Sa pensée, immortelle à l'instar de celle de l'Ordre du Temple, réapparaît à chaque siècle ainsi n'avait-il pas tenté de réunir sous une seule bannière les Grands d'Europe ?

Sa philosophie marqua notre civilisation de manière " surhumaine ", si je puis m'exprimer ainsi.

Dante Alighieri dans " La divine comédie ", chef d'œuvre de la littérature universelle, requiert l'ultime Grâce du vieillard tout de blanc vêtu….

Mais ceci est une autre histoire!…

 

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Histoire médiévale de l'Ordre du Temple est déclarée à la CNIL sous le N°1173720