Histoire médiévale de l'Ordre du Temple

templiers le chant du rossignol histoire ordre du temple

  

Le cantique des cantiques

Religieux réguliers, les Chevaliers Templiers chantaient afin de faciliter la contemplation et d'atteindre l'extase mystique

A l'instar du gai rossignol, chantre de l'amour, sifflant la nuit durant au faîte de son arbre, loin des serpents qu'il abhorre, le chant des Templiers résonnait pour l'amour de Dieu et la rémission des péchés : Le bien et le juste contre le mal représenté par le serpent du jardin d'Eden.
Ce cérémoniel, véritable langage crypté, mêlait sévérité, tristesse et gaîté. Il visait également la réalisation de la symbiose avec Dieu, constituant par la sainte trinité le mystère de la foi.

Poétiques et rythmés, les vers bellement tournés visaient à provoquer l'extase mystique métaphoriquement désincarnante, en reliant le terrestre au céleste, l'être au néant, le visible à l'invisible.

La réalisation de cette extase, véritable scission du charnel et du spirituel, nécéssitait des lieux grandioses, formidables, savamment orientés en endroit tellurique, à l'image des cathédrales et grandes églises médiévales.

L'Ordre du Temple n'a néanmoins pas la primeur de ce langage symbolique chanté, loin s'en faut. Citons notamment "Le Cantique des Cantiques" de l'ancien testament qui, sous son aspect anodin dissimule nombre de symboles tel que celui du lys entre les épines "Lilium inter spinas" et bien d'autres que je vous laisse le soin de découvrir. Il en est de même en ce qui concerne les Psaumes.

LE CANTIQUE DES CANTIQUES

de Salomon

LA BIEN AIMEE

Qu'il me baise des baisers de sa bouche

tes amours sont plus délicieuses que le vin;

l'arôme de tes parfums est exquis;

ton nom est une huile qui s'épanche,

c'est pourquoi les jeunes filles t'aime.

 

Entraîne moi sur tes pas, courons!

Le roi m'a introduite en ses appartements,

tu seras notre joie et notre allégresse.

Nous célébrerons tes amours plus que le vin;

comme on a raison de t'aimer!

 

PREMIER POÊME

Je suis noire et pourtant belle, filles de Jérusalem,

comme les tentes de Qédar,

comme les pavillons de Salma.

Ne prenez pas garde à mon teint basané;

c'est le soleil qui m'a brûlée.

Les fils de ma mère se sont emportés contre moi,

ils m'ont mise à garder les vignes,

ma vigne à moi, je ne l'avais pas gardée!

 

Dis moi donc, toi que mon coeur aime :

Où mèneras-tu paître le troupeau,

où le mettras-tu au repos, à l'heure de midi?

Pour que je n'erre plus en vagabonde,

Près des troupeaux de tes compagnons.

 

LE CHOEUR

Si tu l'ignores, ô la plus belle des femmes,

suis les traces du troupeau,

et mène paître tes chevreaux

près de la demeure des bergers.

 

Le BIEN-AIMEE

A ma cavale, attelée au char de Pharaon,

je te compare, ma bien-aimée.

Tes joues restent belles, entre les pendeloques,

et ton cou dans les colliers.

Nous te ferons des pendants d'or

et des globules d'argent.

 

DUO

Tandis que le roi est en son enclos,

mon nard donne son parfum.

Mon bien-aimé est un sachet de myrrhe,

qui repose entre mes seins.

Mon bien-aimé est une grappe de cypre,

dans les vignes d'En-Gaddi.

 

- Que tu es belle, ma bien aimée.

Que tu es belle!

Tes yeux sont des colombes.

 

- Que tu es beau. mon bien-aimé,

combien délicieux!

Notre lit n'est que verdure.

 

- Les poutres de notre maison sont de cèdre,

nos lambris de cyprès.

 

- Je suis le narcisse de Saron,

le lis des vallées.

 

- Comme le lis entre les chardons,

telle ma bien-aimée entre les jeunes femmes.

 

- Comme le pommier parmi les arbres d'un verger,

ainsi mon bien-aimé parmi les jeunes hommes.

A son ombre désirée je me suis assise,

et son fruit est doux à mon palais.

Il m'a menée au cellier,

et la bannière qu'il dresse sur moi, c'est l'amour.

Soutenez-moi avec des gâteaux de raisin,

ranimez-moi avec des pommes,

car je suis malade d'amour.

 

Son bras gauche est sous ma tête

et sa droite m'etreint.

 

- Je vous en conjure,

filles de Jérusalem,

par les gazelles, par les biches des champs,

n'éveillez pas, ne réveillez pas mon amour,

avant l'heure de son bon plaisir.

 

photo j-p R

SECOND POÈME

LA BIEN AIMEE

J'entends mon bien-aimé.

Voici qu'il arrive,

sautant sur les montagnes,

bondissant sur les collines.

Mon bien-aimé est semblable à une gazelle,

à un jeune faon.

 

Voilà qu'il se tient

derrière notre mur.

II guette par la fenêtre,

il épie par le treillis.

 

Mon bien-aimé élève la voix,

il me dit :

" Léve-toi, ma bien-aimée,

ma belle, viens.

Car voilà l'hiver passé,

c'en est fini des pluies, elles ont disparu.

Sur notre terre les fleurs se montrent.

La saison vient des gais refrains,

le roucoulement de la tourterelle se fait entendre

sur notre terre.

Le figuier forme ses premiers fruits

et les vignes en fleur exhalent leur parfum.

Lève-toi, ma bien-aimée,

ma belle, viens!

 

Ma colombe, cachée au creux des rochers,

en des retraites escarpées,

montre moi ton visage,

fais-moi entendre ta voix,

car ta voix est douce

et charmant ton visage. "

 

Attrapez-nous les renards,

les petits renards

ravageurs de vignes,

car nos vignes sont en fleur.

 

Mon bien-aimé est à moi. et moi à lui.

II paît son troupeau parmi les lis.

 

Avant que souffle la brise du jour

et que s'enfuient les ombres,

reviens...! Sois semblable,

mon bien-aimé, à une gazelle,

à un jeune faon,

sur les montagnes de Bétèr.

 

Sur ma couche, la nuit, J'ai cherché

celui que mon cœur aime.

Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé!

Je me lèverai donc, et parcourrai la ville.

Dans les rues et sur les places,

je chercherai celui que mon cœur aime.

Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé!

 

Les gardes m'ont rencontrée,

ceux qui font la ronde dans la ville :

Avez -ous vu celui que mon cœur aime?"

 

A peine les avais-je dépassés,

j'ai trouve celui que mon cœur aime.

Je l'ai saisi et ne le lâcherai point

que je ne l'aie fait entrer

dans la maison de ma mère,

dans la chambre de celle qui m'a conçue.

LE BIEN-AIME

Je vous en conjure,

filles de Jérusalem,

par les gazelles, par les biches des champs,

n éveillez pas, ne réveillez pas mon amour,

avant l'heure de son bon plaisir.

 

TROISIÈME POÈME

LE POETE

Qu'est-ce là qui monte du désert,

comme une colonne de fumée,

vapeur de myrrhe et d'encens

et de tous parfums exotiques?

 

Voici la litière de Salomon.

Soixante preux l'entourent,

élite des preux d'Israël :

Tous experts à manier l'épée,

vétérans des combats.

Chacun a le glaive au côté,

craignant les surprises de la nuit.

 

Le roi Salomon

s'est fait un palanquin

en bois du Liban.

II en a fait les colonnes d'argent,

le baldaquin d'or,

le siège de pourpre.

Le fond est une marqueterie d'ébène.

Venez contempler,

filles de Sion,

le roi Salomon,

avec le diadème dont sa mère l'a couronné

au jour de ses épousailles,

au jour de la joie de son cœur.

 

LE BIEN-AIME

Que tu es belle, ma bien-aimée,

que tu es belle!

Tes yeux sont des colombes,

derrière ton voile,

tes cheveux comme un troupeau de chêvres,

ondulant sur les pentes du mont Galaad.

Tes dents, un troupeau de brebis a tondre

qui remontent du bain.

Chacune a sa jumelle

et nulle n'en est privée

Tes lèvres, un fil d'ecarlate,

et tes discours sont ravissants.

Tes joues, des moitiés de grenades,

derrière ton voile.

Ton cou. la tour de David,

bâtie par assises.

Mille rondaches y sont suspendues,

tous les boucliers des preux.

Tes deux seins, deux faons,

jumeaux d'une gazelle,

qui paissent parmi les lis.

 

Avant que souffle la brise du jour

et que s'enfuient les ombres,

j'irai à la montagne de la mvrrhe,

à la colline de 1'encens.

 

Tu es toute belle, ma bien-aimée,

et sans tache aucune!

 

Viens du Liban, ô fiancée,

viens du Liban, fais ton entrée.

Abaisse tes regards, des cimes de 1'Amana,

des cimes du Sanir et de l'Hermon,

repaire des lions,

montagnes des léopards.

 

'Tu me fais perdre le sens,

ma sœur, ô fiancée,

tu me fais perdre le sens

par un seul de tes regards,

par un anneau de ton collier!

Que ton amour a de charmes,

ma soeur, ô fiancée.

Que ton amour est délicieux, plus que le vin!

Et l'arôme de les parfums,

plus que tous les baumes!

Tes lèvres, ô fiancée,

distillent le miel vierge.

Le miel et le lait

sont sous ta langue;

et le parfum de tes vêtements

est comme le parfum du Liban.

 

Elle est un jardin bien clos,

ma sœur, ô fiancée;

un jardin bien clos,

une source scellée.

Tes jets font un verger de grenadiers,

avec les fruits les plus exquis :

le nard et le safran,

le roseau odorant et le cinnamome,

avec tous les arbres à encens;

la myrrhe et l'aloès,

avec les plus fins arômes.

Source des jardins,

puits d'eaux vives,

ruissellement du Liban!

 

LA BIEN-AIMEE

Léve-toi, aquilon,

accours, autan!

Soufflez sur mon jardin,

qu'il distille ses aromates!

Que mon bien-aimé entre dans son jardin,

et qu'il en goûte les fruits délicieux!

 

J'entre dans mon jardin,

ma sœur. ô fiancée,

je récolte ma myrrhe et mon baume,

je mange mon miel et mon rayon,

je bois mon vin et mon lait.

 

Mangez, amis, buvez,

enivrez-vous, mes bien-aimés!

 

QUATRIÉME POÈME

LA BIEN-AIMEE

Je dors, mais mon cœur veille.

J'entends mon bien-aimé qui frappe.

"Ouvre moi, ma sœur, mon amie.

ma colombe, ma parfaite!

Car ma tête est couverte de rosée,

mes boucles, des gouttes de la nuit."

 

-" J'ai ôté ma tunique,

comment la remettrais-je?

J'ai lavé mes pieds,

comment les salirais-je?"

Mon bien-aimé a passé la main par la fente,

et pour lui mes entrailles ont frémi.

Je me suis levée

pour ouvrir à mon bien-aimé,

et de mes mains a dégoutté la mvrrhe,

de mes doigts la mvrrhe vierge,

sur la poignée du verrou.

 

J'ai ouvert à mon bien-aimé,

mais tournant le dos, il avait disparu!

Sa fuite m'a fait rendre 1'âme.

Je 1'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé,

je l'ai appelé, mais il n'a pas repondu!

Les gardes m'ont rencontrée,

ceux qui font la ronde dans la ville.

Ils m'ont frappée, ils m'ont blessée,

ils m'ont enlevé mon manteau,

ceux qui gardent les remparts.

 

Je vous en conjure,

filles de Jérusalem,

si vous trouvez mon bien-aimé,

que lui declarerez-vous?

Que je suis malade d'amour.

 

LE CHOEUR

Qu'a donc ton bien-aimé de plus que les autres,

ô la plus belle des femmes?

Qu'a donc ton bien-aimé de plus que les autres,

pour que tu nous conjures de la sorte?

 

LA BIEN-AIMEE

Mon bien-aimé est frais et vermeil,

il se reconnaît entre dix mille.

Sa tête est d'or, et d'un or pur;

ses boucles sont des palmes,

noires comme le corbeau.

Ses veux sont des colombes,

au bord des cours d'eau

se baignant dans le lait,

posées au bord d une vasque.

Ses joues sont comme des parterres d'aromates,

des massifs parfumés.

Ses lèvres sont des lis;

elles distillent la myrrhe vierge.

Ses mains sont des globes d'or,

garnis de pierres de Tarsis.

Son ventre est une masse d ivoire,

couverte de saphirs.

Ses jambes sont des colonnes d albâtre,

posées sur des bases d'or pur.

Son aspect est celui du Liban,

sans rival comme les cèdres.

Ses discours sont la suavité même,

et tout en lui n'est que charme.

Tel est mon bien-aimé, tel est mon époux,

filles de Jérusalem.

 

LE CHOEUR

Où est parti ton bien-aimé,

ô la plus belle des femmes?'

Où s'est tourné ton bien-aimé,

que nous le cherchions avec toi?

 

LA BIEN-AIMEE

Mon bien-aimé est descendu à son jardin,

aux parterres embaumés,

pour paître son troupeau dans les jardins,

et pour cueillir des lis.

Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi!

Il paît son troupeau parmi les lis.

 

CINQUIÈME POÈME

LE BIEN-AIME

Tu es belle, mon amie, comme Tirça,

charmante comme Jérusalem,

redoutable comme des bataillons.

Détourne de moi tes regards,

car ils m assaillent!

Tes cheveux sont un troupeau de chèvres,

ondulant sur les pentes du Galaad.

Tes dents sont un troupeau de brebis,

qui remontent du bain.

Chacune a sa jumelle

et nulle n en est privée.

Tes joues sont des moitiés de grenade

derrière ton voile.

 

II y a soixante reines

et quatre vingts concubines!

(et des jeunes filles sans nombre. )

Unique est ma colombe,

ma parfaite.

Elle est l'unique de sa mère,

la préférée de celle qui 1'enfanta.

Les Jeunes femmes 1'ont vue et glorifiée,

reines et concubines l'ont célébrée :

"Qui est celle-ci qui surgit comme l'aurore,

belle comme la lune,

resplendissante comme le soleil,

redoutable comme des bataillons?"

 

Au jardin des noyers Je suis descendu,

pour voir les jeunes pousses de 1a vallée,

pour voir si la vigne bourgeonne,

si les grenadiers fleurissent.

Je ne sais, mais mon désir m'a jeté,

sur les chars d'Amminadib!

 

LE CHŒUR

Reviens, reviens. Sulamite;

reviens, reviens, que nous te regardions!

Pourquoi regardez-vous la Sulamite,

dansant comme en un double choeur?

 

LE BIEN-AIMEE

Que tes pieds sont beaux dans tes sandales,

fille de prince!

La courbe de tes flancs est comme un collier,

œuvre des mains d'un artiste.

Ton nombril forme une coupe,

que les vins n'y manquent pas!

Ton ventre, un monceau de froment,

de lis environné.

Tes deux seins ressemblent à deux faons,

jjumeaux d'une gazelle,

Ton cou, une tour d'ivoire.

Tes yeux. les piscines de Heshbôn,

près de la porte de Bat-Rabbim.

Ton nez, la tour du Liban,

sentinelle tournée vers Damas.

Ton chef se dresse, semblable au Carmel,

et ses nattes sont comme la pourpre;

un roi est pris à tes boucles.

 

Que tu es belle, que tu es charmante,

ô amour, ô délices!

Dans ton élan tu ressembles au palmier,

tes seins en sont les grappes.

J'ai dit : Je monterai au palmier,

jj'en saisirai les régimes.

Tes seins, qu'ils soient des grappes de raisin,

le parfum de ton souffle, celui des pommes;

tes discours, un vin exquis!

 

LA BIEN-AIMEE

II va droit à mon bien-aimeé,

comme il coule sur les lèvres de ceux qui sommeillent,

Je suis à mon bien-aimé,

et vers moi se porte son désir.

 

Viens, mon bien-aimé,

allons aux champs!

NNous passerons la nuit dans les villages,

dès le matin nous irons aux vignobles.

NNous verrons si la vigne bourgeonne,

si ses pampres fleurissent,

si les grenadiers sont en fleur.

Alors je te ferai

le don de mes amours.

Les mandragores exhalent leur parfum,

à nos portes sont tous les meilleurs fruits.

Les nouveaux comme les anciens,

jje les ai réservés pour toi mon bien-aimé

 

Ah! que ne m'es-tu un frère,

allaite au sein de ma mère!

Te rencontrant dehors, je pourrais t'embrasser,

sans que les gens me méprisent.

Je te conduirais, je t'introduirais

dans la maison de ma mère, tu m'enseignerais!

Je te ferais boire un vin parfumé,

ma liqueur de grenades.

 

Son bras gauche est sous ma tête,

et sa droite m'etreint.

 

LE BIEN-AIME

Je vous en conjure,

filles de Jérusalem,

n'éveillez pas, ne réveillez pas mon amour,

avant l'heure de son bon plaisir.

 

EPILOGUE

Qui est celle-ci qui monte du désert,

appuyée sur son bien-aimé?

 

Sous le pommier je t'ai réveillée,

là même où ta mère te conçut,

là où conçut celle qui t'a enfantée.

 

LA BIEN-AIMEE

Pose-moi comme un sceau sur ton cœur,

comme un sceau sur ton bras.

Car l'amour est fort comme la Mort,

la passion inflexible comme te Shéol.

Ses traits sont des traits de feu,

une flamme de Yahvé.

Les grandes eaux ne pourront éteindre l'Amour,

ni les fleuves le submerger.

Qui offrirait toutes les richesses de sa maison

pour acheter l'amour,

ne recueillerait que mépris.

Le Bouclier de Dieu

Contant l'histoire de l'Ordre du Temple

Au travers de la vie aventureuse et mystérieuse d'un preux Templier


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