Histoire médiévale de l'Ordre du Temple
![]()
![]() |
![]() |
n 1099, Jérusalem est entièrement sous domination chrétienne. La souveraineté de ce royaume revient à Godefroy de Bouillon qui, au titre pompeux de roi de Jérusalem lui préfère celui plus humble |
|
Preux
et fervent chevalier, il fonda en ces lieux sacrés un choeur de moines. Ces religieux, mystérieux et
mystiques, furent établis réguliers de saint Augustin par Arnulphe, patriarche de jérusalem.
photo j-c Deniset
En
1118 succède à Baudoin I, sur le trône de Jérusalem, son cousin Baudoin II.
A peine est-il installé que se présentent humblement devant lui de pauvres
chevaliers très chrétiens d'honorables lignées. A leur tête se tient Hugues
de PAYNS (alias des Payens ou Hugo de Paganis), descendant présumé des comtes
de Champagne ainsi que Geodefroy de Saint Omer.
Animé d'une foi inébranlable, Hugues de Payns
nourrissait ardemment le projet de créer un ordre monastico/militaire, qui se
dévouerait corps et âme à la défense des lieux saints. Pour réaliser ce dessein
grandiose, il s'associa tout d'abord un ancien compagnon d'armes Geoffroi de
saint Omer, puis parvint sans peine à réunir sept autres chevaliers : André
de Montbard oncle de Bernard de Clairvaux (saint Bernard), Gondemare, Godefroi,
Roral (alias Rossal), Payen de Montdésir (alias de Montdidier), Geoffroy Bisol
et Archambaud de saint Agnan.
Il s'agissait d'un projet passionné mais néanmoins
mûrement élaboré. En effet, Hugues de PAYNS et Geoffroi de saint Omer avaient
combattu aux côtés de Godefroy de Bouillon, à l'instar duquel, ils s'étaient
consacrés à la règle des honorables chanoines
de saint Augustin.
Conscient
de la grande insécurité des axes routiers de son royaume, notamment du défilé d'Athlit, Baudoin II
accepta aussitôt l'aide providentielle des pauvres chevaliers du
Christ. Il leur offrit asile au sein même de son palais, construit sur
l'emplacement de l'ancien temple de Salomon, d'où leur appelation
initiale : "Pauperes commilitones Christi templique Salomonici".
|
De
1118 à 1123, ces chevaliers encore en habits du siècle, accomplirent leur mission
avec panache et dévotion, tout en ne vivant que d'aumônes et de donations.
C'est ainsi qu'en 1123, devant
Garimond (alias Gormond alias Guatimond) patriarche de Jérusalem, ils prononçèrent les trois
voeux monastiques de "pauvreté, chasteté, obéissance" auxquels ils
ajoutèrent ceux de combattre l'ennemi et de se consacrer à la défense des pélerins.
Leur comportement irréprochable,
en un mot chevaleresque, attira dans leurs rangs une multitude de postulants,
impatients d'intégrer la sainte et glorieuse compagnie.
Devant l'importance prise par
l'Ordre en une décennie, Hugues de PAYNS requiert du pape que l'Ordre soit officiellement
reconnu. Cette mission incombe à Bernard, puissant abbé de Clairvaux (saint
Bernard 1090/1153) qui écrivit notamment un écrit élogieux à l'adresse de ce nouvel
Ordre de chevalerie :
|
Ainsi,
en janvier 1128, jour de la fête de Saint Hilaire, en la cathédrale de Troyes, l'Ordre du Temple est officiellement
reconnu.
Son
premier grand maître : Hugues de PAYNS prend rang de prince. La règle
de l'Ordre, rédigée en latin par Jean Michel (humilis scriba) en
présence de nombreux ecclésiastiques, d'Hugues de PAYNS, de Bernard de
Clairvaux et du patriarche de Jérusalem Etienne de la Fierté, est
entérinée. Leur devise :
|
|
|
|
La
règle sera néanmoins complétée ou modifiée à plusieurs reprises :
- Le 29 mars 1139 par la bulle "Omne datum optimum" du pape INNOCENT III.
- En 1144 par la bulle "Milites Templi" du pape Célestin II.
- En 1145 par le pape Eugène III qui accorde aux chevaliers de l'Ordre le port de la croix pattée sur l'épaule gauche (a sinistra).
- En 1162, le pape Alexandre III confirme définitivement la bulle "Omne datum optimum".
A l'instar d'un véritable Code de Justice sont
rédigés les Egards énonçant les fautes et leur répression , puis les Retraîts
permettant d'adapter la règle à la hiérarchie fort complexe du Temple.
De laude novae militiae ad milites templi

![]() |
e dédie ce site à ces preux moines soldats dont l'histoire, à l'instar de nombreuses histoires, n'occupe plus que quelques pages des manuels scolaires des jeunes enfants. Ainsi va l'érosion du temps, lente, continue et perpétuelle. |
|

